Ambrief: un mur du souvenir /l'oeuvre des soldats en pleine lumière - Des Soissonnais effectuent un chantier sur un lieu de culte des soldats de la Grande Guerre - Des monuments de la Grande Guerre vont être restaurés par des jeunes - Découverte d'ossements humains dans un champ de Fontenoy - La Grande Guerre aura sa maison à Vic-sur-Aisne grâce au souvenir d'un poilu - Le tragique destin de Camille Philippon mort à Confrécourt - Les restes de 20 soldats retrouvés -
Denis Rolland revient sur le Général Nivelle, le "massacreur" -

 

Ambrief: un mur du souvenir /l'oeuvre des soldats en pleine lumière

Ambrief / Un mur du souvenir pour la commune: l'œuvre des soldats en pleine lumière
 

 

Article publié le mercredi 24 octobre 2012L'Union

Les élèves et leur  professeur  d'architecture  ont montré  leurs projets  au maire.

Les élèves et leur professeur d'architecture ont montré leurs projets au maire.

Des pierres sculptées par des soldats entre 1914 et 1915 constitueront un mur du souvenir à Ambrief, une commune dépourvue de monument aux morts.

LES enfants du centre trôneront désormais au milieu du village d'Ambrief. La mention était connue de certains, elle sera maintenant visible de tous, puisque la pierre sur laquelle elle est gravée a pris place sur l'un des côtés de l'ancienne école. Ce sera le mur du souvenir pour ce bourg, en l'absence de monument aux morts.
Depuis plusieurs années déjà, Nicolas Bertin, le maire, souhaitait mettre en valeur les douze pierres sculptées sur place par des soldats durant la Première Guerre mondiale.
C'est chose faite : elles accompagneront la plaque portant le nom des enfants de la commune, morts lors des conflits. Une présentation officielle aura lieu le 10 novembre, à 10 h 30.
« Le front s'était stabilisé là », indique le premier magistrat, dont la famille est implantée à Ambrief « depuis 1592 ». Aussi a-t-il même des photos de l'époque. Entre octobre 1914 et pendant une partie de l'année 1915, raconte-t-il, le village « servait de premier camp de repos ».
Des combattants ont orné des pierres sur le mur d'un bâtiment, à l'entrée d'Ambrief.
« C'était la vitrine ! », imagine Jérôme Butet, membre de l'association Soissonnais 14-18, indiquant que, si les inscriptions gravées ne sont pas rares dans le secteur, « dans cette configuration, ce n'est pas ordinaire ! » Il s'y connaît puisqu'il vient de réaliser un travail universitaire sur les graffitis de la Grande Guerre. Professeur au lycée Le Corbusier, il a proposé à la mairie de susciter un travail des élèves scolarisés dans son établissement. Ainsi, des projets, se souvient-il, ont été préparés par des jeunes en terminale bac pro, dans la section étude de prix, avec leur professeur d'architecture, Laurent Tissot. « On les a présentés au conseil municipal d'Ambrief, les élus ont été enthousiastes. »
Une botte allemande
À présent, les élèves préparant un CAP maçonnerie ont investi les lieux pour constituer un mur avec ces pierres, réaliser un soubassement en béton, le tout contre le bâtiment communal.
Les abords devraient également être aménagés par la suite avec une aire de repos, un banc et même un espace fleuri.
Chacun pourra se recueillir devant les noms inscrits sur la plaque, jusque-là conservée à l'intérieur de la mairie et définitivement exposée à l'extérieur par la suite.
Le maire devrait même prononcer quelques mots sur les circonstances du décès de certains. Il est aussi désireux de montrer les inscriptions et dessins, évoquant, par exemple, celui représentant « la botte allemande grignotée par un rat ». Tout un symbole…
Laurence PICANO

Des Soissonnais effectuent un chantier sur un lieu de culte des soldats de la Grande Guerre

Par Julien Assailly | Publié le 14/12/2017 dans L’Union

Cindy (au premier plan) et ses trois camarades rénovent la chapelle, avec l’aide d’Eric Neve (2 e à d.) et de Jean-Luc Pamart (3 e à d.).

C’est un lieu où le public peut rarement se rendre pour des questions de sécurité. La petite chapelle aménagée par des soldats bretons en 1916 dans l’une des carrières de Confrécourt à Nouvron-Vingré n’en vaut pas moins le détour. « Ils reconstituent le muret à partir des pierres qui se trouvent à proximité », résume le président de l’association Soissonnais 14-18, qui est à l’origine du projet, en partenariat avec les collectivités locales et la mission locales.

Les participants à ce chantier d’insertion sont originaires des quartiers de Chevreux, Presles ou Saint-Crépin. « Ils travaillent sur le chantier 20 heures par semaine pour des contrats de 4 à 6 mois. En parallèle, ils peuvent effectuer des démarches liées à leur projet professionnel : formation, permis, etc. », explique le formateur Eric Neve, de l’association Un château pour l’emploi.

D’autres monuments refaits

Pour Cindy, originaire du quartier Saint-Crépin, c’est les deux à la fois. « Je m’oriente vers le métier de maçon. Je suis en train de passer le permis et il me reste une formation à réaliser », explique la jeune femme. « On apprend beaucoup de choses sur les chantiers, y compris l’histoire. » Actuellement, c’est celles des poilus qu’ils découvrent dans les carrières où se réfugiaient les poilus, à quelques centaines de mètres du front. Des endroits que les soldats se sont appropriés, en sculptant les noms de leur régiment ou en recréant des lieux de prières. Sur la chapelle bretonne, on peut lire « Doue hag er vro ». « Ça signifie Dieu et le pays », observe Jean-Luc Pamart.

Les jeunes vont rester une dizaine de jours dans la carrière. Ils reprendront ensuite leur tâche principale, à savoir réhabiliter les monuments de la guerre 14-18 du Soissonnais. « Nous allons inaugurer ce vendredi 15 décembre celui de Terny-Sorny. En 2018, il y aura ceux de Villemontoire, Chaudun et Faverolles », explique Jean-Luc Pamart.

 


Des monuments de la Grande Guerre vont être restaurés par des jeunes

L'Union, 13 février 2016

Dans quelques semaines, un chantier d’insertion va rénover plusieurs monuments de la Grande Guerre sur le Chemin des Dames.

LES FAITS

L’association Soissonnais 14-18 comptant 400 membres, tient son assemblée générale ce samedi à 16 h à la mairie de Coucy-le-Château.
Les membres et le public vont visiter ce samedi à Coucy à 14 heures les vestiges d’un canon de marine allemand. Rendez-vous à 14 heures sur le parking du collège.
Des monuments de guerre vont être restaurés cette année sur le Chemin des Dames.
La chapelle Sainte-Berthe, située à Filain, a été édifiée au XIIe siècle. Elle a été brûlée en 1814, rebâtie en 1871, détruite en 1918. Elle fut reconstruite en 1927 et sera restaurée cette année. L’édifice, de petite dimension, d’apparence fragile, concentre, à lui seul, l’histoire douloureuse du Chemin des Dames. Quelques plaques rappellent, d’ailleurs, quelques batailles épiques qui se sont déroulées là.

Président de l’association Soissonnais 14-18, Jean-Luc Pamart a annoncé hier un programme de rénovation mené par un chantier d’insertion avec l’association Un Château pour l’emploi, de Coucy. Depuis deux ans, une cinquantaine de jeunes sont accueillis pendant quatre mois avec le soutien de la Communauté d’agglomération de Soissons et de l’Etat. Si des mairies fournissent un peu de matériel, le budget global s’élève à près de 50 000 euros. Des monuments d’Allemant, de Filain, d’Ostel, de Chavignon, peut-être de Pargny-Filain, vont bénéficier d’un peu d’attention et de soins. En ce moment, les jeunes gravent à Coucy-le-Château les plaques qui seront apposées sous la conduite d’un formateur. A l’issue de leur stage, la moitié des jeunes signe, généralement, un contrat en CDI ou en CDD dans des entreprises du bâtiment. « C’est un chantier de citoyenneté, pour l’emploi, et de mise en valeur du patrimoine », explique Jean-Luc Pamart.

Des œuvres en danger

Avec douleur, parfois, il mesure la fragilité de tous les monuments érigés par la famille de soldats disparus ou la Nation reconnaissante. Certaines de ces sentinelles de pierre sont blessées par les rigueurs du climat, le poids des années. « Ces œuvres sont en danger. Elles datent de 80 ans. Elles ont souvent été restaurées avec bonne volonté et puis, pas toujours, avec qualité. Nous allons les refaire entièrement », confirme Jean-Luc Pamart.

Une façon de marquer son attachement à cette terre.

Un patrimoine qui souffre

Près du fort de la Malmaison, la stèle du régiment d’infanterie coloniale du Maroc nécessite une restauration. Elle sera, heureusement, pratiquée. Les lettres sont effacées sur une plaque. « C’est notre mémoire, nos racines, cela fait partie de moi », insiste Jean-Luc Pamart bien décidé à agir.

Toutes ces pièces, grandes ou plus modestes, édifiées sur le Chemin des Dames, racontent, ainsi, à leur façon, des batailles. Elles mettent en lumière des hommes. Derrière l’exaltation de l’héroïsme, il y a la notion de courage et de sacrifice.

Visite à Sancy-les-Cheminots

A la fin de la Première guerre mondiale, un panneau indiquait le funeste sort de Sancy-les-Cheminots, une commune totalement détruite. « Ici fut Sancy » a laissé la place à une reconstruction grâce à  une campagne nationale de dons organisée par les cheminots.

Le chantier d’insertion a particulièrement réussi la rénovation d’un jardin du souvenir créé en 1925. Des plaques rendent hommage à des petits-fils de Garibaldi, homme politique italien, à Quentin Roosevelt, fils d’un ancien président des États-Unis, inhumé à Coulonges. Le lieu est insolite.

 

 


Découverte d'ossements humains dans un champ de Fontenoy

Publié le jeudi 10 mars 2011

L'Union

Il est tombé là, comme des centaines d'autres et vient de refaire surface. Les ossements d'un soldat  viennent d'être collectés  dans un champ de Fontenoy,  sur la ligne de front en 1914.

UNE position allemande sur le plateau, entre Fontenoy en bas et Nouvron au-dessus… il y a 97 ans. C'est un champ aujourd'hui, labouré et prêt pour la semence. Des endives peut-être bien. Un chemin agricole le traverse. Il existait déjà à l'époque. Et là, sous les yeux de l'agriculteur en promenade un dimanche après-midi, la terre ensanglantée jadis rend aux vivants quelques ossements. C'est un soldat allemand. « Nous l'avons tout de suite déduit grâce aux boutons et aux boucles que nous avons trouvés aussi », révèle Jean-Luc Pamart, président de l'association Soissonnais 14-18, dont le siège se trouve de l'autre côté du champ.
Des Poilus, des hommes et des gamins, il en remonte ici souvent. « Autour de nous, là, il y a un millier de Français, jauge le passionné de la Grande Guerre, ce soldat est très probablement mort entre le 13 et 20 septembre 1914. C'est ici qu'a eu lieu la bataille d'arrêt (pour bloquer l'offensive allemande, NDLR). Après, pendant trois ans, ça n'a quasiment plus bougé. »

Une truelle et une pelle

Comme il est de rigueur de le faire lors de pareille découverte, le maire et les gendarmes ont été alertés. Le service d'entretien des sépultures militaires allemandes également. « Ils sont au fort de la Malmaison », sur le Chemin des Dames. Pour résoudre une contrainte d'emploi du temps et rendre son champ sans trop tarder à l'exploitant agricole, c'est l'office des sépultures français, du ministère de la défense, qui s'est déplacé mardi pour recueillir les ossements et poursuivre les recherches. Sur le bord du chemin, à genoux, Fabien Lefevre et Denis Venant, combinaison blanche sur le dos comme les experts de la police scientifique, fouillent le sol. Avec des outils nettement moins sophistiqués : une truelle, une griffe, une pelle. Pas besoin de la pioche cette fois-ci. Ils collectent tout ce que cette terre, fertile en vestiges du siècle dernier, veut bien leur rendre.
Des petits os, des plus gros dont « un morceau de la mâchoire supérieure et des dents », observe Olivier Quintin, chef de secteur pour le pôle des sépultures des guerres et des hauts lieux de la mémoire nationale.

Un ou plusieurs soldats ?

Dans ce qui tenait à la fin de la fouille dans deux petites boîtes, pas de quoi faire un homme… mais peut-être plusieurs, de façon parcellaire bien sûr : « Il faut désormais déterminer s'il n'y a qu'un seul soldat en refaisant le squelette. Je dresserai ensuite un procès-verbal que je transmettrai aux services des sépultures allemands », poursuit Olivier Quintin. Ces ossements auront ensuite « de fortes chances d'être transférées dans un cimetière militaire près de Metz. »
Impossible d'identifier le soldat, de définir l'emplacement exact de son décès ou encore la cause de celui-ci, même si une balle a été retrouvée à proximité. Ses restes rejoindront d'autres, restés sans nom.
Ludivine BLEUZÉ

La Grande Guerre aura sa maison à Vic-sur-Aisne grâce au souvenir d'un poilu

Laurence PICANO, L'Union, mardi 6 septembre 2016


L’association Soissonnais 14-18 a reçu un legs de la part d’un homme dont l’ancêtre est tombé à Confrécourt. Il a permis l’achat d’une maison consacrée à la mémoire.

L’association présidée par Jean-Luc Pamart aura désormais sa maison au centre de Vic-sur-Aisne, face au château.

Un lieu d’exposition et de la place pour les archives. Deux espaces précieux pour les passionnés d’histoire que sont les membres de Soissonnais 14-18. Cette association, qui fête ses trente ans dans quelques mois, va se les offrir en devenant propriétaire d’une maison. Et ce cadeau lui vient en fait d’un acteur de la Grande Guerre. « Un soldat tombé devant Confrécourt », raconte le président qui a découvert l’histoire en 2007 en recevant le courrier d’un notaire. Un certain M. Roussel léguait un appartement à Clermont-Ferrand à Soissonnais 14-18. Et pourquoi un tel geste ? En hommage à son aïeul, le fameux poilu. Depuis, le logement a été vendu et des recherches ont été faites pour trouver la maison idéale. C’est chose faite à Vic-sur-Aisne depuis quelques semaines, comme Jean-Luc Pamart l’a annoncé dans l’Echo du plateau, le journal de ces historiens. « Pour une association ce n’est pas rien d’être propriétaire. Nous avons un patrimoine », se félicite le président qui a donc fait un appel aux dons. Car si la somme héritée à couvert les frais d’achat, elle ne peut pas de permettre les travaux à réaliser.

« Nous avons déjà la moitié de la somme », s’enthousiasme le président, touché de recevoir des chèques allant jusqu’à 1 000 €, notamment de membres de l’association qui habitent dans toute la France. Ce monsieur Roussel était membre, même si Jean-Luc Pamart ne le connaissait pas. « Il est venu à une assemblée générale » témoigne le président qui a noté cette information dans ses tablettes.

Grâce à cet homme, il pourra non seulement organiser, en permanence, différentes expositions dans une salle vouée à ce rôle mais aussi mieux stocker les archives de l’association. Jusqu’à présent, le président utilisait son ancien domicile, la ferme où il exerce toujours son activité d’agriculteur. Située à quelques centaines de mètres de la Croix-Brisée et de la carrière de Confrécourt, elle permettait d’accueillir les nombreuses familles à la recherche de leurs ancêtres disparus pendant 14-18. Qui sait ? Une bibliothèque les accueillera sans doute dans les futurs locaux aménagés par les bénévoles ?

Contact : Ferme de Confrécourt, 02290 Nouvron-Vingré. Tél. 03 23 55 17 18. Dons déductibles des impôts à hauteur de 66 %

La mémoire des oeuvres du passé

Entre autres activités, Soissonnais 14-18 fait le nécessaire pour conserver les peintures ou sculptures réalisées pendant le conflit. L’un d’elles a été découverte sur une maison à Sermoise cet été. Des recherches ont déjà été faites pour identifier l’artiste. « Il s’agit de Léon Lepeltier, on a trouvé plusieurs choses sur lui sur internet », indique Isabelle Clou-Menessart, la « web mastrice ». Depuis, un moulage a été fait pour réaliser une copie. « Nous avons une centaine de moulages. C’est un moyen de conserver ces œuvres mais il y a un inconvénient : elles peuvent être abîmées pendant le travail », constate Jean-Luc Pamart qui exposera, sans doute un jour, ces moulages.

 
NDW: Jérome Buttet avait découvert chez l'habitant cette sculpture grande taille et la reproduction a été autorisée par le propriétaire  avec le concours de services spécialisés de l'INRAP

 

Soissonnais 14-18 aura sa maison

L'union, 26 octobre 2016, spécial Guerre 14-18


Parce que l’un de ses aïeux est mort pour la France à Confrécourt, un habitant du centre de la France a légué un appartement situé à Clermont-Ferrand à l’association Soissonnais 14-18 dont il était membre. Il souhaite aider au travail d'histoire et se dit satisfait des premiers résultats enregistrés. Ce legs a permis l’achat d’une maison en plein centre de Vic-sur-Aisne, en face du château pour créer une maison de la mémoire autour de la Grande Guerre.

Si la somme remise a permis l’acquisition du bien, elle est insuffisante pour financer les travaux, aussi Jean-Luc Pamart, qui préside l’association Soissonnais 14-18, fait appel aux dons et que ce soit auprès des adhérents ou des passionnés d’histoire soucieux que toutes les subtilités du front axonais ne soient pas oubliées, la collecte est engagée. L’objectif est d’organiser des expositions et de stocker les archives que possède Soissonnais 14-18. Il n’est pas exclu qu’une partie accueille une bibliothèque mais cela demande à être finalisé. On sait que l’association agit pour préserver un maximum de preuves du conflit. C’est ainsi qu’elle conserve des peintures, des sculptures réalisées au temps des combats. L’une d’elle a été mise au jour sur une maison à Sermoise.

Des recherches ont permis d’en identifier le signataire : Léon Lepeltier. Un moulage a été réalisé pour en conserver l’esthétique authentique. L’association conserve de nombreux moulages effectués au cours de ses campagnes de recherches et de mise en valeur du patrimoine. Jean-Luc Pamart n’exclut pas de présenter une sélection de ces moulages à Vic-sur-Aisne lorsque tous les travaux d’aménagement seront achevés.

 

REACTIONS :

par Jacqueline le 04/10/2016 @ 20:59
Félicitations aux bénévoles de Soissonnais 14-18 qui s'investissent pleinement dans la mise en lumière des données qu'ils recueillent.
Jacqueline

par CdeV le 01/10/2016 @ 10:18
Chouette ce beau travail !!!!
CdeV

Le tragique destin de Camille Philippon mort à Confrécourt

LE TRAGIQUE DESTIN DE CAMILLE PHILIPPON MORT AUX COMBATS DE CONFRECOURT LE 20 SEPTEMBRE 1914

Le Progrès,11 novembre 2017

 Chaque commémoration du 11 novembre nous ramène au sort tragique de ces malheureux Poilus tombés au champ d’honneur. Pour le Baldomérien Camille Philippon, les combats de la ferme de Confrécourt ont signé son arrêt de mort le 20 septembre 1914.

Il avait 28 ans. Il ne devait plus revoir ses deux filles ni son fils. Quant au dur travail de sa ferme, il incomberait désormais à son épouse Louise. Celle-ci accoucha en mai 1915 d’une autre fille, la petite Maria, qui n’aura jamais connu son père. La Veauchoise Jeanine Besson, petite-fille de Camille, se rappelle avec émotion ses trois visites sur les lieux de la bataille qui, en quelques jours, décima quatre compagnies sur huit du 216e régiment d’infanterie de Montbrison dont faisait partie Camille.

Camille n’avait eu le temps d’envoyer à sa femme qu’une seule carte postale.

« Nous avons été chaleureusement reçus par l’association des Soissonnais 14-18. Nous nous sommes recueillis devant le monument de la croix brisée. La ferme bombardée par les Allemands est restée à l’état de ruines, envahie aujourd’hui par des arbres. Les champs environnants ont été rendus à la culture ». Les cultures, en septembre 1914, les combattants n’ont pas eu le loisir de les contempler. De la mitraille, des bombardements, des obus comme s’il en pleuvait, des morts et des blessés à chaque pouce de terrain, voilà ce que les soldats ont connu, pour ceux qui ont survécu, du 16 au 21 septembre. Il faut dire que cette ferme de Confrécourt, domaine agricole modèle situé dans l’Aisne, forteresse fondée en 893 par des moines sur un promontoire, représentait un point stratégique convoité par les Allemands. Mais les affrontements meurtriers n’aboutirent qu’à une longue guerre de position. La guerre, pour la famille Besson, c’est un vilain mot qu’on ne devrait pas voir dans le dictionnaire.

« Ma mère est morte quand j’avais 11 ans, confie Jeanine. C’est mon père qui a commencé à me parler de Camille. Mais c’est l’album de ma grand-mère Louise qui nous a révélé le plus de détails. A travers les cartes postales écrites du front par Claude Philippon, le frère de mon grand-mère, et par d’autres membres de la famille, nous avons pu retrouver la saga familiale et découvrir que les quatre enfants de mon grand-père se sont rendus en pèlerinage à la ferme de Confrécourt ». Camille, lui, n’avait eu le temps d’envoyer à sa femme qu’une seule carte postale où il lui écrivait de bien faire l’ouvrage comme il faut et de ne pas l’attendre.  Sources : Famille Besson et les Amis de Veauche-en-Forez

 

REACTIONS :

par Isabelle le 27/12/2017 @ 23:45
A l'attention de Jean-Luc Pamart - Soissonnais 14 18
Bonjour, nous avons passé deux journées dans l'Aisne début octobre. Nous avons lu deux articles sur le Progrès de la Loire le 11 novembre 2017.
Plein de souhaits pour vous, votre famille et  votre association.
Bonne fête de Noël.
Cordialement. 
A. et D. B.

 

Les restes de 20 soldats retrouvés

Les restes de 20 soldats de la Grande Guerre retrouvés

Article de presse du 14 mai 1999


Quatre-vingt-cinq ans après avoir été tués lors des violents combats de Confrécourt, dans les derniers jours de septembre 1914, quelques soldats français ont enfin été inhumés dans une sépulture décente, au cimetière militaire d'Ambleny. Leurs restes, découverts récemment  lors d'un camp scout, ont été exhumés par les responsables de l'association "Soissonnais 14-18", après la fouille minutieuse d'une fosse, sur le territoire de la commune de Fontenoy.

A quelques jours d'intervalle, les membres de Soissonnais 14-18 ont mis à jour neuf corps de soldats français, sur la commune de Moulin-sous-Touvent, dans le canton d'Attichy, dans l'Oise. Des soldats du 278e R.I., portés disparus le 20 septembre 1914 et dont quatre ont été identifiés grâce à leur plaque. La seconde exhumation a été effectuée sur Fontenoy, où l'on a retrouvé les restes de onze soldats certainement disparus au cours des combats du 13 au 20 septembre 1914, alors que les  Français s'accrochaient avec courage au rebord du plateau, et près de la vieille ferme de Confrécourt. Ces ossements et un important petit matériel ont été retrouvés dans une petite fosse de six mètres de long et d'une faible profondeur de 1,20 mètres. Des éléments qui, selon les responsables de Soissonnais 14-18, semblent prouver qu'il s'agit bien d'un ensevelissement sommaire, semblable à ceux décrits dans le journal de marche du groupe des brancardiers divisionnaires, présents sur le site en septembre-octobre 1914.

De nombreux objets avec les ossements

C'est avec une très grande minutie et une rigueur exemplaire que cette exhumation a été menée à bien. C'est aussi avec une dignité certaine, excluant toute publicité, que les ossements ont été sortis de terre, alors que l'émotion étreignait les membres de Soissonnais 14-18, lorsqu'il s'agissait de sortir des profondeurs des objets personnels. Des fourchettes, des couteaux, un peigne ou un briquet, des boutons de capote ou de pantalon, un porte-monnaie avec des pièces, ou encore un crayon qui avait dû être utilisé pour écrire la dernière lettre à l'épouse ou aux parents. Deux corps portaient toujours leur plaque (Denis (?)oitier, de Montluçon, et Charles Quinson de Privas), ce qui a permis leur identification.

Enterrés à la hâte, de nuit

Pour Jean-Luc Pamart et Hervé Vatel qui ont mené à bien ces exhumations avec les membres de l'association, les éléments recueillis, notamment les restes d'uniforme (pantalon garance, capote gis de fer bleuté, guêtres, brodequins sans rivet...) prouvent qu'il s'agit de soldats appartenant à la 63e D.R. et tués au début de la guerre. La présence de larves séchées dans les restes de vêtements, laisse à penser que les hommes, tués lors des violents combats qui durèrent plusieurs jours, sont restés sur le terrain pendant environ trois semaines, avant d'être inhumés en toute hâte, et de nuit, comme le raconte Emile Clermont dans la quatrième partie du Passage de l'Aisne : "Des corvées spéciales étaient chargées d'enterrer, de nuit, les morts qui encombraient la surface du sol. On faisait de larges fosses où on en couchait plusieurs. Le plus souvent, la funèbre besogne était accomplie par des soldats qui laissaient aux morts leur plaque d'identité, à cause de la difficulté qu'il y avait à les enlever, sur des cadavres anciens et déjà décomposés..." Ces conclusions semblent être confirmées par  un plan sommaire de l'emplacement de nombreuses fosses, creusées en octobre 1914, et correspondant au site où viennent d'être retrouvés les restes des onze corps. Des fosses qui n'ont peut-être pas été repérées après la guerre et où reposent encore d'autre soldats ?

Avec le concours des brigades de gendarmerie d'Attichy et de Vic-sur-Aisne, des services du ministère des Anciens Combattants, de l'association des Anciens Combattants d'Attichy et de la communauté Saint-Jean d'Attichy, les corps retrouvés à Moulin-sous-Touvent ont été inhumés au cimetière militaire de Tracy-le-Mont, alors que ceux retrouvés à Fontenoy, ont été enterrés, avec leurs objets, à la nécropole nationale du Bois Robert, à Ambleny. Ainsi, leurs familles de Guéret, Saintes, Privas, Montluçon... pourront-elles enfin venir se recueillir sur la tombe du père ou du grand-père, porté disparu il y a quatre-vingt-cinq ans.

 

Denis Rolland revient sur le Général Nivelle, le "massacreur"

L'historien Denis Rolland revient sur la vie du général "massacreur"

Conférence de Tulle le 29 novembre 2015

version papier publiée le 19 novembre 2015 par La Montagne

Robert Nivelle, Tulliste controversé

L’historien Denis Rolland, en conférence ce soir, est l’auteur d’une biographie du général Nivelle. Une manière de revenir sur la réputation de ce Tulliste qui, autrefois a eu une place à son nom.

« Incompétent et massacreur ». Les adjectifs péjoratifs pour qualifier le général Nivelle ne manquent pas. Il n’en fallait pas plus pour éveiller la curiosité de l’historien Denis Rolland. « L’image du général Nivelle est tellement négative que j’ai voulu comprendre pourquoi. » Pendant trois ans, il s’est penché sur l’histoire de Robert Nivelle, né à Tulle, rue de la Barrière en 1856. Il lui a consacré un livre « L’inconnu du Chemin des Dames ». Cette biographie du général Nivelle est la seule. J’ai choisi un titre volontairement provocateur. »

Du héros au boucher

Provocateur parce que le général Nivelle est connu dans l’histoire française pour deux raisons. D’abord, pour son rôle dans la bataille de Verdun où, malgré les 362.000 morts français, il est resté l’instigateur de la victoire défensive.

Propulsé en héros, son nouveau statut s’est terni vite sur le Chemin des Dames en avril 1917. La désastreuse offensive du 16 avril lui a valu le surnom de « boucher ». C’est justement cette dernière image que la mémoire collective a retenu. « On a vécu un basculement mémoriel. L’histoire ne retient que Pétain comme héros de Verdun. Au moment du régime de Vichy, Pétain n’a cessé d’être acclamé et la Première Guerre mondiale était perçue de manière bipolaire. Les bons d’un côté et Nivelle de l’autre, » explique Denis Roland.

Serait-ce une des raisons pour lesquelles la place Nivelle, nommée ainsi en 1916 à Tulle a été débaptisée en 1944 au nom du résistant Albert Faucher ?

 

« Les Tullistes étaient fiers de la compter parmi leurs concitoyens »

Aucune réponse exacte ne figure dans les archives de l’époque. Pourtant Robert Nivelle a toujours été bien perçu par les Tullistes et les élus. « Dans les journaux de l’époque, le général Nivelle demeure le héros de Verdun et finalement le Chemin des Dames est très peu évoqué, » constate Nicolas Giner, responsable des archives municipales de Tulle.

Pour preuve, en 1920, le général Nivelle est revenu pour la première fois depuis la fin de la guerre, dans sa ville natale. Il a visité la manufacture d’armes avant d’être reçu par le maire de Tulle. Selon le journal, Le Corrézien, « M. le Maire a souhaité la bienvenue au vainqueur de Verdun, et lui a dit combien les Tullistes étaient fiers de le compter parmi leurs concitoyens. »

Pour son livre, Denis Rolland a consulté les documentations militaires et familiales. « J’ai lu les archives militaires, celle du Parlement à Londres et même celle d’Outre-Mer pour la période algérienne trop méconnue. »

Un travail d’enquêteur

Mais le plus intéressant pour l’historien, c’était d’avoir l’accès aux archives familiales. Ainsi, Denis Rolland a pu s’entretenir avec la femme du petit-fils du général. « Au début elle n’a pas voulu me parler par rapport à la réputation du personnage. Lorsqu’elle a accepté, je me suis rendu compte que finalement elle en savait assez peu. »

Au cours de ses recherches, Denis Rolland a fait une découverte exceptionnelle. « Un cousin éloigné des Nivelle m’a appelé pour me dire qu’il était en possession d’un album photo composé par une des filles du général. »

Une guerre incomprise

Grâce à ces archives et les photos inédites, Denis Rolland a beaucoup appris sur Robert Nivelle. « Dans son dossier militaire, il est décrit comme ayant beaucoup de bienveillance. Finalement sa gentillesse a été une faiblesse. » Denis Rolland insiste bien, à travers son livre, il n’a pas cherché à réhabiliter le général. « Sa mauvaise réputation est devenue un dogme. C’est tellement ancré que mon livre ne changera rien », insiste-t-il. Mais, sa biographie permet de mettre en perspective le fonctionnement de l’armée française lors de la Grande Guerre. « Les erreurs ne sont pas que du fait des militaires. Il y a des politiques derrière chaque décision. Plus ça va, plus la guerre de 14-18 est incompréhensible quand on s’y penche réellement. »

version numérique publiée le 19 novembre 2015 par La Montagne

L’historien Denis Rolland, en conférence ce soir, est l’auteur d’une biographie du général Nivelle. Une manière de revenir sur la réputation de ce Tulliste qui, autrefois a eu une place à son nom.

«Incompétent et massacreur ». Les adjectifs péjoratifs pour qualifier le général Nivelle ne manquent pas. Il n'en fallait pas plus pour éveiller la curiosité de l'historien Denis Rolland. « L'image du général Nivelle est tellement négative que j'ai voulu comprendre pourquoi. » Pendant trois ans, il s'est penché sur l'histoire de Robert Nivelle, né à Tulle, rue de la Barrière en 1856. Il lui a consacré un livre "L'inconnu du Chemin des Dames". « Cette biographie du général Nivelle est la seule. J'ai choisi un titre volontairement provocateur. »

Du héros au boucher

Provocateur parce que le général Nivelle est connu dans l'histoire française pour deux raisons. D'abord, pour son rôle dans la bataille de Verdun où, malgré les 362.000 morts français, il est resté l'instigateur de la victoire défensive.

Propulsé en héros, son nouveau statut s'est terni vite sur le Chemin des Dames en avril 1917. La désastreuse offensive du 16 avril lui a vallu le surnom de "boucher". C'est justement cette dernière image que la mémoire collective a retenu. « On a vécu un basculement mémoriel. L'histoire ne retient que Pétain comme héros de Verdun. Au moment du régime de Vichy, Pétain n'a cessé d'être acclamé et la Première Guerre mondiale était perçue de manière bipolaire. Les bons d'un côté et Nivelle de l'autre, » explique Denis Rolland.

Serait-ce une des raisons pour lesquelles la place Nivelle, nommée ainsi en 1916 à Tulle a été débaptisée en 1944 au nom du résistant Albert Faucher ?

« Les Tullistes étaient fiers
de le compter parmi leurs concitoyens »

Aucune réponse exacte ne figure dans les archives de l'époque. Pourtant Robert Nivelle a toujours été bien perçu par les Tullistes et les élus. « Dans les journaux de l'époque, le général Nivelle demeure le héros de Verdun et finalement le Chemin des Dames est très peu évoqué, » constate Nicolas Giner, responsable des archives municipales de Tulle.

Pour preuve, en 1920, le général Nivelle est revenu pour la première fois depuis la fin de la guerre, dans sa ville natale. Il a visité la manufacture d'armes avant d'être reçu par le maire de Tulle. Selon le journal, Le Corrézien, « M. le Maire a souhaité la bienvenue au vainqueur de Verdun, et lui a dit combien les Tullistes étaient fiers de le compter parmi leurs concitoyens. »

Pour son livre, Denis Rolland a consulté les documentations militaires et familiales. « J'ai lu les archives militaires, celle du Parlement à Londres et même celle d'Outre-Mer pour la période algérienne trop méconnue. »

Un travail d'enquêteur

Mais le plus intéressant pour l'historien, c'était d'avoir l'accès aux archives familiales. Ainsi, Denis Rolland a pu s'entretenir avec la femme du petit-fils du général. « Au début elle n'a pas voulu me parler par rapport à la réputation du personnage. Lorsqu'elle a accepté, je me suis rendu compte que finalement elle en savait assez peu. »

Au cours de ses recherches, Denis Rolland a fait une découverte exceptionnelle. « Un cousin éloigné des Nivelle m'a appellé pour me dire qu'il était en possession d'un album photo composé par une des filles du général. »

Une guerre incomprise

Grâce à ces archives et les photos inédites, Denis Rolland a beaucoup appris sur Robert Nivelle. « Dans son dossier militaire, il est décrit comme ayant beaucoup de bienveillance. Finalement sa gentillesse a été une faiblesse. » Denis Rolland insiste bien, à travers son livre, il n'a pas cherché à réhabiliter le général. « Sa mauvaise réputation est devenue un dogme. C'est tellement ancré que mon livre ne changera rien », insiste-t-il . Mais, sa biographie permet de mettre en perspective le fonctionnement de l'armée française lors de la Grande Guerre. « Les erreurs ne sont pas que du fait des militaires. Il y a des politiques derrière chaque décision. Plus ça va, plus la guerre de 14-18 est incompréhensible quand on s'y penche réellement. »

Pratique. Conférence sur le Général Nivelle par Denis Rolland. Jeudi 19 novembre à la Médiathèque Éric Rohmer. 18h30. Gratuit

Margaux Rousset
 

article La Montagne 19 novembre 2015

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http://www.lamontagne.fr/limousin/actualite/2015/11/19/robert-nivelle-tulliste-controverse_11670400.html

 

 

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